Myogenèse lors du Développement et de la Réparation
Chefs d’équipe : Christophe MARCELLE & Fabien LE GRAND
Muscle squelettique | cellules souches | myogenèse primaire et secondaire | régénération | myopathie de Duchenne | thérapie génique et cellulaire | analyses en cellules uniques | imagerie in vivo | modèles : souris embryonnaire et adulte, embryon de poulet, cellules humaines
Notre équipe de recherche s’intéresse aux mécanismes régissant la formation et la réparation des muscles chez les vertébrés.
Nous utilisons deux modèles animaux : le poulet et la souris. Nos travaux suivent deux voies d’investigation:
• Comprendre pourquoi les cellules souches pluripotentes de l’embryon suivent la voie de différenciation myogénique plutôt qu’une autre.
• Caractériser les réseaux de gènes régulant la fusion de myoblastes en fibres polynucléées au cours du développement embryonnaire et pendant la régénération musculaire.
Ces dernières années, notre laboratoire a consacré beaucoup d’efforts à essayer de comprendre les mécanismes cellulaires et moléculaires régulant la fusion des cellules musculaires. Ces évènements, bien que cruciaux pour la formation et de la régénération des muscles, sont pourtant très mal connus. A travers un crible fonctionnel à l’échelle du génome sur une lignée de cellules musculaires, nous avons identifié plusieurs centaines de gènes augmentant ou inhibant la fusion de cette lignée cellulaire, sans effet ni sur la prolifération ni sur la différenciation. La fonction de plusieurs d’entre eux est à présent testée en utilisant le modèle poulet. Ce modèle se révèle particulièrement bien adapté à ces études: la technique d’électroporation couplée à l’imagerie in vivo permettent en effet de déterminer rapidement et à moindre coût la fonction de gènes candidats au cours du processus de fusion. De plus, ces études nous ont permis de développer des outils et concepts nouveaux pour tester, en collaboration avec plusieurs collègues, la possibilité d’utiliser la fusion pour réparer les muscles des patients atteints de myopathies héréditaires.
Un deuxième axe de recherche est d’étudier la formation précoce du muscle squelettique dans les somites nouvellement formés afin de comprendre comment les cellules, au sein de ces structures, adoptent des destins cellulaires précis alors qu’elles sont exposées à un environnement complexe en constant changement. Ici encore, le modèle poulet, les techniques d’électroporation et d’imagerie in vivo sont essentielles pour observer et comprendre les comportements cellulaires (division, migration, élongation, etc.) et moléculaires (activation du programme myogénique, activation de voies de signalisation, etc.) se produisant de manière parfaitement coordonnée en des temps extrêmement courts.
Notre but est donc de comprendre comment le muscle squelettique se met en place, croit et se répare chez le poulet, un modèle animal identique à la souris et par conséquent à l’homme (pour ce qui est du tissu musculaire). Les questions que nous abordons sont des problèmes fondamentaux de biologie cellulaire et moléculaire, mais étudiés à l’échelle de l’animal vivant. Ces phénomènes sont extrêmement dynamiques et ils ne peuvent être approchés qu’avec des techniques d’imagerie de pointe et des approches fonctionnelles innovantes et uniques pour lesquelles notre groupe est connu mondialement.
Embryon de poulet à 5,5 jours de développement, clarifié par la technique « 3DISCO » et observé au microscope à feuillet de lumière (Z1 Zeiss, CIQLE). Vert: crête neurale et système nerveux périphérique (anti-HNK1); Bleu: dermomyotome, progéniteurs musculaires et tube neural dorsal (anti-PAX7); Rouge: muscles différenciés (chaîne lourde anti-myosine). Marie-Julie Dejardin & Christophe Marcelle.
Ce film d’animation montre la morphogenèse et la croissance du myotome précoce (c’est-à-dire le muscle primitif) dans un embryon de poulet. Tous les muscles du corps et des membres dérivent de somites – des boules de cellules épithéliales qui se forment séquentiellement des deux côtés du tube neural au fur et à mesure du développement de l’embryon. On voit ici le compartiment dorsal des somites, appelé le dermomyotome, dont dérivent les muscles du tronc. Dans un premier temps, les cellules des lèvres médiale, postérieure, antérieure et enfin latérale du somite transloquent sous le dermomyotome, où elles s’allongent parallèlement à l’axe antéro-postérieur de l’embryon. Ces cellules post-mitotiques mononucléées et allongées sont appelées myocytes, et forment ensemble ce que nous appelons le myotome primaire. Dans un deuxième temps, la partie centrale du dermomyotome épithélial subit une transition épithélio-mensenchymateuse. En conséquence, une partie des cellules du dermomyotome migre vers l’ectoderme pour former plus tard le derme, tandis que d’autres cellules sont « parachutées » dans le myotome primaire. Contrairement aux myocytes qui ne se divisent pas, les cellules parachutées sont de véritables progéniteurs musculaires et peuvent se différencier ou s’autorenouveler. Grâce à ce processus, les muscles peuvent se développer pendant la vie embryonnaire et fœtale. Les cellules souches musculaires de l’adulte (appelées cellules satellites) proviennent de la même population de progéniteurs identifiée ici. Il est important de réaliser que le même processus morphogénétique a lieu chez la souris, et donc vraisemblablement chez l’homme. Ce film a été créé en 2005 par Jérôme Gros avec le logiciel gratuit open source 3D Blender. Publications associées : Gros, Scaal & Marcelle, Developmental Cell, 2004. Gros, Manceau, Thomé & Marcelle, Nature, 2005. Gros, Serralbo & Marcelle, Nature, 2009.
Membres de l’équipe
- Christophe MARCELLE — DR, PU, UCBL
- Fabien LE GRAND — DR2, CNRS
- Émilie DELAUNE — MCU, UCBL
- Valérie MORIN — IE, lab manager, CNRS
- Chloé BONNOT — Post-doctorante
- François BULTEAU — Post-doctorant
- Sabrina JAGOT — Post-doctorante
- Clémence ALIBERT — Doctorante
- Marine DEROBERT — Doctorante codirigée par Marianne BRONNER
- Nicolas ROBERT — Doctorant
- Julie SITOLLE — Doctorante
- Benjamin DORNAT — IE, CNRS
- Sidy FALL — IE, CNRS
- Maëlys BERGER — AI, UCBL
- Noé DLOUHY — Etudiant M2
- Mélodie MAILLY — Etudiante M2
- Mathis REOCREUX — Etudiant M2
Sélection de publications
Setdb1 protects genome integrity in murine muscle stem cells to allow for regenerative myogenesis and inflammation
Garcia P., Jarassier W., Brun C., et al.. 🔗 https://doi.org/10.1016/j.devcel.2024.05.012
Résumé :
Résumé non disponible.
Developmental Cell 59, 2375-2392.e8 (2024)
Transgenic quails reveal dynamic TCF/β-catenin signaling during avian embryonic development
Barzilai-Tutsch H., Morin V., Toulouse G., et al.. 🔗 https://doi.org/10.7554/elife.72098
Résumé :
The Wnt/β-catenin signaling pathway is highly conserved throughout evolution, playing crucial roles in several developmental and pathological processes. Wnt ligands can act at a considerable distance from their sources and it is therefore necessary to examine not only the Wnt-producing but also the Wnt-receiving cells and tissues to fully appreciate the many functions of this pathway. To monitor Wnt activity, multiple tools have been designed which consist of multimerized Wnt signaling response elements (TCF/LEF binding sites) driving the expression of fluorescent reporter proteins (e.g. GFP, RFP) or of LacZ. The high stability of those reporters leads to a considerable accumulation in cells activating the pathway, thereby making them easily detectable. However, this makes them unsuitable to follow temporal changes of the pathway’s activity during dynamic biological events. Even though fluorescent transcriptional reporters can be destabilized to shorten their half-lives, this dramatically reduces signal intensities, particularly when applied in vivo. To alleviate these issues, we developed two transgenic quail lines in which high copy number (12× or 16×) of the TCF/LEF binding sites drive the expression of destabilized GFP variants. Translational enhancer sequences derived from viral mRNAs were used to increase signal intensity and specificity. This resulted in transgenic lines efficient for the characterization of TCF/β-catenin transcriptional dynamic activities during embryogenesis, including using in vivo imaging. Our analyses demonstrate the use of this transcriptional reporter to unveil novel aspects of Wnt signaling, thus opening new routes of investigation into the role of this pathway during amniote embryonic development.
eLife 11, (2022)
TGFβ signaling curbs cell fusion and muscle regeneration
Girardi F., Taleb A., Ebrahimi M., et al.. 🔗 https://doi.org/10.1038/s41467-020-20289-8
Résumé :
Abstract Muscle cell fusion is a multistep process involving cell migration, adhesion, membrane remodeling and actin-nucleation pathways to generate multinucleated myotubes. However, molecular brakes restraining cell–cell fusion events have remained elusive. Here we show that transforming growth factor beta (TGFβ) pathway is active in adult muscle cells throughout fusion. We find TGFβ signaling reduces cell fusion, regardless of the cells’ ability to move and establish cell-cell contacts. In contrast, inhibition of TGFβ signaling enhances cell fusion and promotes branching between myotubes in mouse and human. Exogenous addition of TGFβ protein in vivo during muscle regeneration results in a loss of muscle function while inhibition of TGFβR2 induces the formation of giant myofibers. Transcriptome analyses and functional assays reveal that TGFβ controls the expression of actin-related genes to reduce cell spreading. TGFβ signaling is therefore requisite to limit mammalian myoblast fusion, determining myonuclei numbers and myofiber size.
Nature Communications 12, (2021)
Transgenesis and web resources in quail
Serralbo O., Salgado D., Véron N., et al.. 🔗 https://doi.org/10.7554/elife.56312
Résumé :
Due to its amenability to manipulations, to live observation and its striking similarities to mammals, the chicken embryo has been one of the major animal models in biomedical research. Although it is technically possible to genome-edit the chicken, its long generation time (6 months to sexual maturity) makes it an impractical lab model and has prevented it widespread use in research. The Japanese quail (Coturnix coturnix japonica) is an attractive alternative, very similar to the chicken, but with the decisive asset of a much shorter generation time (1.5 months). In recent years, transgenic quail lines have been described. Most of them were generated using replication-deficient lentiviruses, a technique that presents diverse limitations. Here, we introduce a novel technology to perform transgenesis in quail, based on the in vivo transfection of plasmids in circulating Primordial Germ Cells (PGCs). This technique is simple, efficient and allows using the infinite variety of genome engineering approaches developed in other models. Furthermore, we present a website centralizing quail genomic and technological information to facilitate the design of genome-editing strategies, showcase the past and future transgenic quail lines and foster collaborative work within the avian community.
eLife 9, (2020)
High-Dimensional Single-Cell Cartography Reveals Novel Skeletal Muscle-Resident Cell Populations
Giordani L., He G., Negroni E., et al.. 🔗 https://doi.org/10.1016/j.molcel.2019.02.026
Résumé :
Résumé non disponible.
Molecular Cell 74, 609-621.e6 (2019)
APC is required for muscle stem cell proliferation and skeletal muscle tissue repair
Parisi A., Lacour F., Giordani L., et al.. 🔗 https://doi.org/10.1083/jcb.201501053
Résumé :
The tumor suppressor adenomatous polyposis coli (APC) is a crucial regulator of many stem cell types. In constantly cycling stem cells of fast turnover tissues, APC loss results in the constitutive activation of a Wnt target gene program that massively increases proliferation and leads to malignant transformation. However, APC function in skeletal muscle, a tissue with a low turnover rate, has never been investigated. Here we show that conditional genetic disruption of APC in adult muscle stem cells results in the abrogation of adult muscle regenerative potential. We demonstrate that APC removal in adult muscle stem cells abolishes cell cycle entry and leads to cell death. By using double knockout strategies, we further prove that this phenotype is attributable to overactivation of β-catenin signaling. Our results demonstrate that in muscle stem cells, APC dampens canonical Wnt signaling to allow cell cycle progression and radically diverge from previous observations concerning stem cells in actively self-renewing tissues.
Journal of Cell Biology 210, 717-726 (2015)
Wnt7a Activates the Planar Cell Polarity Pathway to Drive the Symmetric Expansion of Satellite Stem Cells
Le Grand F., Jones A., Seale V., et al.. 🔗 https://doi.org/10.1016/j.stem.2009.03.013
Résumé :
Résumé non disponible.
Cell Stem Cell 4, 535-547 (2009)
Financements et soutiens
2025-2027 — ANR — Myotrajectories (Delineate myogenic trajectories in development and disease), en collaboration avec Philippos Mourikis (Institut Necker Enfants Malades)
2025 — AFM — TéléthonEpaxial Muscle Patterning
2024-2028 — ANR — Muscle morphogenesis in the embryo (Myoptah), en collaboration avec Pascal Maire (Institut Cochin)
2024-2028 — ANR/RHU — AUGMENTREG project.
2022-2026 — AFM-MyoNeurALP2 — Muscle fusion, Epigenetics of muscle stem cells and Cell communications in regeneration
2022-2026 — ANR — Fusion of T-cells to muscle to alleviate dystrophies, en collaboration avec Frederic Relaix (Institut Mondor de recherche biomedical) et Luis Garcia (UVSQ-Université Paris-Saclay)
2022-2025 — Association Monégasque contre les Myopathies project
2022-2025 — ANR — Epimuse (Epigenetic Regulation of Secretome in Duchenne Muscular Dystrophy), en collaboration avec Slimane Ait-Si-Ali (Epigenetique et destin cellulaire) et Capucine Trollet (Center de Recherche en Myologie)








